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Un Carême médiatique…

8 mars 2013

Et la nouvelle tomba : Benoît XVI renonce à sa charge… Un scoop en latin, s’il vous plaît !

Une décision historique, qui sera diversement commentée, qu’il s’agisse de catholiques (mais pas que) saluant celui qui pour eux aura été un grand pape, ou de journalistes avides de dresser des bilans et de gloser sur les causes occultes de cette « démission » avant de se concentrer aujourd’hui sur le choix du prochain pape à la grande joie des bookmakers.

C’est en effet l’heure, aujourd’hui, de l’agitation du « conclave des media », si comparable à celle que Benoît XVI nous a rappelé peu avant son départ en évoquant ses souvenirs de Vatican II : « Tandis que tout le Concile (…) se mouvait à l’intérieur de la foi (…),  le Concile des journalistes s’est réalisé (…) à l’intérieur des catégories des media d’aujourd’hui, c’est-à-dire hors de la foi (…) : pour les media, le Concile était une lutte politique, une lutte de pouvoir entre divers courants dans l’Eglise »

Qu’il est difficile pour certains de comprendre le « conclave de la foi » vécu par les catholiques qui pensent que le meilleur pape sera… celui choisit par l’Esprit ! Et qu’il n’y a donc pas lieu de spéculer sur le pape que nous « devrions » avoir, ni de juger les cardinaux.

J’aurais pu il y a quinze jours me joindre « à chaud » à tous ces catholiques qui comme moi ressentent le besoin de remercier Benoît XVI, pape exceptionnel  qui m’aura profondément marqué. Je pourrais aujourd’hui ne pas m’exprimer du tout, estimant que ce n’est plus d’actualité, et que d’autres ont de toute façon déjà dit -et en mieux !- tout ce qu’il y aurait à en dire.

Mais voilà, tout en refusant de me plier à « l’urgence » médiatique, j’éprouve quand même le besoin de dire. Un dire que j’inscris cependant dans une toute autre temporalité. Car, vous savez quoi ? C’est le Carême. Cette décision papale, elle ne se vit pas « à l’intérieur des catégories des médias » mais « à l’intérieur de la foi », avec sa temporalité propre.

Moi qui gardait encore en mémoire les méditations du Chemin de Croix du futur Benoît XVI, alors que son prédécesseur obligeait notre monde moderne, enfermé dans l’hédonisme et le refus de vieillir, à contempler en lui l’image du Christ souffrant, voici que je démarre cette marche vers Pâques avec un pape qui nous a annoncé deux jours avant qu’il allait laisser sa place vacante pour son successeur ! Voici que j’expérimente un détachement progressif  : le Mercredi des Cendres, il était encore là, et pourtant, nous savions déjà qu’il partait, en nous appelant à « laisser Dieu nous transformer, cesser de penser que nous sommes les seuls artisans de notre existence » ; ce premier dimanche, nous l’avons vécu avec lui, qui nous montrait comment « l’ascension du mont » peut être un appel à « se consacrer encore davantage à la prière et à la méditation » ; et puis, voilà qu’à cette dernière audience, il nous redit comment il reste cependant avec nous pour « accompagner le chemin de l’Eglise par la prière et la réflexion »

Certains ont considéré que la décision de Benoît XVI était un désaveu du choix de son prédécesseur. Mais le témoignage donné par Jean-Paul II au monde n’est-il pas encore présent dans nos esprits ? A quoi bon affadir la leçon ? Ne valait-il pas mieux en donner une autre, elle aussi pleine de sens face au brouhaha du monde moderne ? Chacun à leur manière, ces deux papes nous enseignent une facette de l’abandon à Dieu.

Et maintenant, cette absence.  Que tout catholique peut ressentir à chaque messe, car notre liturgie prévoit toujours une intention de prière pour notre évêque et pour le pape.

Et dans le même temps, cette présence, avec nous, dans la prière, tournés vers l’aboutissement de notre chemin de Carême : la Passion du Christ et sa Résurrection. Dès sa première audience, il nous avait prévenu : « Le nom de Benoît évoque, en outre, la figure extraordinaire du grand patriarche du monachisme occidental, St Benoît de Nursie » dont « nous connaissons la recommandation laissée aux moines dans sa Règle : Ne rien mettre absolument au-dessus du Christ » ; merci, Benoît XVI, de nous en offrir un tel témoignage !

Sa décision n’était pas une surprise, il en avait déjà évoqué la possibilité dans un livre, et -surtout- il nous avait livré il y a quelques années une longue méditation sur son prédécesseur, Célestin V, qui lui aussi avait bouleversé les esprits avec sa renonciation. Une méditation « à l’intérieur de la foi » où Benoît XVI nous appelle à ne pas avoir peur, « dans une société où chaque espace, chaque moment semble devoir être rempli par des initiatives, des activités, des sons, (…) de faire le silence en nous et à l’extérieur de nous, si nous voulons être capables non seulement de percevoir la voix de Dieu, mais également la voix de ceux qui sont à nos côtés ». Le silence n’est pas abandon, et Benoît XVI le redisait il y a peu : « Je n’abandonne pas la croix, mais je reste d’une façon nouvelle près du Seigneur crucifié. Je ne porte plus le pouvoir de la charge pour le gouvernement de l’Eglise, mais  dans le service de la prière, je reste, pour ainsi dire, dans l’enceinte de saint Pierre. Saint Benoît, dont je porte le nom comme Pape, me sera d’un grand exemple en cela. Il nous a montré le chemin pour une vie qui, active ou passive, appartient totalement à l’œuvre de Dieu »

Ces derniers mots en tant que pape auront donc été : « Je suis simplement un pèlerin qui entame la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre ». Et nous voilà désormais en marche vers Pâques, non pas sans lui, mais bien avec lui…  Présence discrète qui n’est là que pour nous aider à percevoir cette autre présence, dont parlait Jean-Paul II à la veille de sa mort, le premier dimanche de Pâques : « Jésus, crucifié et ressuscité, reste avec nous ! Reste avec nous, ami fidèle et soutien assuré de l’humanité en marche sur les routes du temps ! »

Pour moi, non, jamais d’autre titre de gloire
que la croix de notre Seigneur Jésus Christ ;
par elle, le monde est crucifié pour moi,
comme moi pour le monde
(Ga VI, 14)

par Ren’

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