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De St Nicolas à St Moïse…

6 décembre 2011

Difficile de reprendre la plume après cet article collectif sur la Paix qui reste pour nous la plus belle réussite de ce blog !
Mais bon, il faut bien replonger dans le rythme du quotidien…

Aujourd’hui, ma fille Nawel (« que je vais pas à l’école aujourd’hui passque je suis un tit peu malade ») m’a replongé dans son actualité du moment : le Père Noël ; ça tombe bien, aujourd’hui, c’est la St Nicolas.
« Dis papa c’est vrai le Père Noël il va venir après la neige ? »
« Mais la maîtresse a dit que quand on chante dans le préau, après il vient pour donner des cadeaux aux enfants »
Et voilà que son papa resté à la maison pour garder mademoiselle « un tit peu grande parce que maintenant j’ai 4 ans » vous plante le décor d’un  billet ayant tout du marronnier

Bon, je ne vais pas vous refaire le topo de l’an dernier : la crèche vers laquelle ma fille fait avancer ses santons après un temps de prière devant la couronne de l’Avent sur laquelle brillent désormais 2 bougies, nos discussions sur l’anniversaire de Jésus qui donne envie de faire des cadeaux à tous les enfants, et notre conversation de ce matin sur le vrai « Père Noël » qui s’appelle Nicolas et qui aidait discrètement les pauvres en leur faisant des cadeaux pendant la nuit… Je ne vais pas non plus m’étendre sur la façon dont la période actuelle, comme chaque année, se focalise sur une fête de la consommation et de la dépense malgré l’agitation autour de la crise de la zone Euro, ou sur les querelles de l’an passé sur fond de propriété intellectuelle du nom St Nicolas

Je préfère regarder dans le voisinage du pays du cèdre. Et vous parler d’un jésuite menacé d’expulsion par le régime syrien.

Ce religieux italien, présenté par Régis Debray comme un « héritier du Père de Foucauld et de Louis Massignon », a travaillé, depuis 1984, à la remise en état du monastère de Mar Moussa, monastère sous le patronage de St Moïse l’Abyssin. Il y fonde une communauté oecuménique reconnue par le Vatican, consacrée au dialogue islamo-chrétien. Et aujourd’hui, ce qui fut une ruine prête à retourner au désert représente, peut-on lire« un capital touristique qui intéresse l’Etat syrien »

La Syrie a demandé son expulsion vendredi 27 novembre ; « pour son soutien à la révolution en Syrie », nous dit-on. J’ai donc décidé, en solidarité avec lui, de vous donner à lire des passages de son « Appel de Noël ».

 « Nous commémorons l’enfant dans sa grotte, né dans une humble crèche à cause de la pauvreté de sa famille, entre une mère sans domicile et un père putatif dérouté. Cette scène de nous plaît pas beaucoup, comme du reste celle de la crucifixion… Mais les épreuves et les persécutions que le Christ nazaréen et les siens ont enduré éclairent pour nous la voie juste dans la situation actuelle (…)
Chacun d’entre nous restera solidaire de son voisin, ne fera pas de discrimination entre un voisin et un autre, autrement qu’en soutien à la justice et en défense du faible. Préparons-nous, aux jours difficiles, à offrir un refuge à notre voisin, quel qu’il soit. Et sachons bien qu’en cas de danger, notre seule protection viendra de ce même voisin, avec qui nous avons rompu le pain des joies et des peines.
Ce n’est pas le moment de pointer du doigt des coupables, de blâmer untel ou untel, de trancher entre les citoyens en conflit. Il nous revient au contraire de dire à tous que nous désirons servir la réconciliation, et de prouver ce désir par nos actes (…)
Est-ce que notre choix pour la non-violence relève de la peur, de la faiblesse, ou contraire d’une vertu, d’une décision ? Peut-être les deux ensembles… En tout cas, c’est la peur nous a dominé par le passé et jusqu’à aujourd’hui, conduisant certains d’entre nous à soutenir une politique de répression des libertés, de refus du changement, de crispation sur un passé révolu. Est-ce bien là la voie du salut et de la vérité ? Mais marche-t-il sur la voie de l’espérance et de la liberté, celui qui a choisi de recourir à l’assassinat «sur carte d’identité», au kidnapping et à d’autres pratiques scandaleuses ? Se conduit-il ainsi poussé par la peur et la faiblesse ? Enfin, est-ce que le zèle religieux ou idéologique justifie les atteintes à la dignité humaine de l’autre, par l’excommunication ou la marginalisation ? Malgré tout cela, nous demeurons convaincus que la réconciliation advient entre ennemis, non entre amis ! Et qu’elle se réalise par un accord prenant en compte sérieusement les revendications raisonnables des deux parties (…)
Bien sûr, il y a complot, et même complots. Mais ce n’est pas en glissant dans la mentalité des complots que l’on atteindra le salut ; c’est en cherchant à coopérer avec tout homme libre doté de bonne volonté, dans la région comme dans le monde. Cela est impossible sans ouvrir sincèrement les portes aux médias arabes et internationaux, dans toute leur diversité, car la vérité surgit de la diversité et de l’indépendance journalistiques. Et nous suggérons aussi la coopération avec des organisations humanitaires indépendantes (…)
Notre existence côte à côte avec les musulmans, dans l’harmonie et l’estime, est une situation voulue par Dieu, l’ami de hommes, une situation à la fois historique et de destin. Ceci est notre pays, depuis longtemps, depuis deux mille ans au moins, et c’est évidemment un pays qui nous est commun, à nous et aux musulmans, depuis quatorze siècles. C’est maintenant le moment de nous défaire de nos craintes et de nos préjugés défavorables à la participation des musulmans dans le processus politique (…)
Malheureusement, nombreux sont ceux parmi nos frères et soeurs qui ont choisi par le passé l’émigration, et ce phénomène s’accentue aujourd’hui. Les causes sont compréhensibles et même souvent raisonnables. Mais l’enfant de la crèche nous appelle à un nouvel effort en faveur de la paix et de l’harmonie en Syrie (…)
A l’occasion de la naissance miraculeuse de ce bébé, nos coeurs désirent exprimer la solidarité et la communion avec toute famille qui a perdu un être cher dans ces événements tragiques. De même, nous implorons la consolation pour les familles des prisonniers, des disparus, des blessés et des combattants, pour ceux qui ont faim ou froid, qui sont exposés au danger ou à la vengeance… Et nous demandons la lumière pour les responsables de chacune des parties, de chacune des identités en conflit, pour qu’il choisisse honnêtement la voie de la réconciliation. Il n’est de justice que dans tolérance et dans le pardon. Que le Miséricordieux nous protège, nous guide et nous guérisse, et qu’il écourte notre épreuve. Que chaque Noël vous trouve dans la joie »

…Dans la voiture, tout à l’heure, ma fille me demandait « pourquoi Jésus il est sur la croix, là ? »
Bravo ma fille, tu sais viser au coeur des problématiques islamo-chrétiennes.
Mais tu es un peu jeune pour que je te parle de la souffrance du monde.
Laisse-moi te parler pour l’instant de l’enfant de la crèche, et de la lumière qu’il apporte aux bergers errant dans le noir.
De saint Nicolas et des cadeaux qu’il fait aux pauvres.
Et prions ensemble pour la réconciliation de tous.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés
(Luc II, 14)

Par Ren’

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