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Israël n’est pas responsable !

8 avril 2011

Guysen News International l’annonçait le 2 mars dernier : le pape Benoît XVI affirme que les Juifs ne sont pas responsables de la mort de Jésus. Le même jour, le quotidien La Croix publia deux extraits du nouvel ouvrage de Benoît XVI intitulé Jésus de Nazareth, de l’entrée à Jérusalem à la Résurrection. Cette déculpabilisation du peuple juif y est résumée de la manière suivante : Comment le peuple tout entier aurait-il pu être présent en un tel moment pour demander la mort de Jésus ? La réalité historique apparaît d’une manière certainement correcte en Jean et en Marc. Le vrai groupe des accusateurs est celui des cercles existant dans le Temple et, dans le contexte de l’amnistie pascale, la « masse » des partisans de Barabbas se joint à eux. Sans surprise, cette annonce a été chaleureusement accueillie par le monde juif, ce qui n’est pas sans rappeler le souhait de Jacob Kaplan et de Jules Isaac, lors de la création de l’Amitié judéo-chrétienne de France, de voir l’Église catholique passer de l’enseignement du mépris à celui de l’estime.

Pourtant, cette déclaration n’a rien de novateur puisqu’elle appartient pleinement à Nostra Ætate, la Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non-chrétiennes publiée le 28 septembre 1965 sous le pontificat de Paul VI : Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ, ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. Les Juifs accueillirent bien évidemment cette déclaration comme la première main tendue de l’Église en vue d’une future amitié judéo-catholique, réellement initiée par les innovations de Vatican II. Nostra Ætate enseigne également que le Christ, en vertu de son immense amour, s’est soumis volontairement à la Passion et à la mort à cause des péchés de tous les hommes et pour que tous les hommes obtiennent le salut, ce qui me rend dubitative quant aux persécutions que subirent les Juifs dans le monde chrétien sous prétexte d’être le « peuple déicide ».

De mon point de vue – que je partage certainement avec un certain nombre de mes coreligionnaires –, il est regrettable que l’Église ne prenne pas en compte la tradition juive dans sa compréhension des événements de la vie de Jésus, bien que cela soit compréhensible compte tenu du contenu des évangiles. La tradition chrétienne rapporte que Jésus fut accusé de blasphème et condamné à mort pour ce crime : De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait ; il lui dit : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? » Jésus dit : « Je le suis, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant avec les nuées du ciel. » Le Grand Prêtre déchira ses habits et dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ! Vous avez entendu le blasphème. Qu’en pensez-vous ? » Et tous le condamnèrent comme méritant la mort (Mc 14:61-64). Or, qu’est-ce que le blasphème dans la législation hébraïque ? Le blasphème consiste à prononcer à haute et intelligible voix le Nom interdit et sacré de Dieu pour le maudire : Le blasphème avec l’usage du Nom ineffable est punissable de mort ; avec l’usage des substituts est objet d’une injonction mais n’est pas punissable de mort (Sanhédrin 56a). Pouvons-nous réellement imaginer que Jésus ait pu commettre un tel acte ? Bien sûr que non, le récit évangélique témoigne de sa profonde religiosité.

Toutes les persécutions à l’encontre des Juifs qui eurent lieu depuis lors à l’initiative du monde chrétien remontent à un autre verset : Tout le peuple répondit : « Nous prenons son sang sur nous et sur nos enfants ! » (Mt 27:25). Cette conception, qui se base certainement sur Ex 20:4 (Car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui poursuis le crime des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième générations, pour ceux qui m’offensent), n’a pas été comprise de cette manière par nos Sages : Alors n’est-ce pas aux enfants d’être mis à mort pour les péchés commis par leurs parents ? N’est-il pas écrit « Qui poursuis le crime des pères sur les enfants ? » Cette référence est pour les enfants qui suivent les pas de leurs parents. Comme il a été enseigné : « Et même pour les méfaits de leurs pères  ils se consumeront avec eux », c’est-à-dire s’ils s’attachent aux mauvaises actions de leurs pères (Sanhédrin 27b). Ainsi, seuls ceux qui persévèrent dans les mauvaises actions de leurs pères seront punis à titre personnel : Les pères ne doivent pas être mis à mort pour les enfants, ni les enfants pour les pères : on ne sera mis à mort que pour son propre méfait (Dt 24:16) ou Mais son père – parce qu’il a pratiqué l’extorsion, commis des rapines envers son frère, parce qu’il n’a pas fait le bien au milieu de son peuple – voici donc qu’il mourra, par sa propre faute. Or vous dites : « Pourquoi ce fils ne supporte-t-il pas la faute de son père ? » Mais ce fils a accompli le droit et la justice, il a observé toutes mes lois et les a accomplies : certainement il vivra. Celui qui pèche, c’est lui qui mourra ; le fils ne portera pas la faute du père ni le père la faute du fils ; la justice du juste sera sur lui et la méchanceté du méchant sera sur lui (Ez 18:18-20). Dans un cours que j’eus le plaisir de suivre, le professeur Thomas Gergely, spécialiste des relations judéo-chrétiennes, rapporta qu’au cours de la Deuxième Guerre mondiale, un rabbin rencontra un dignitaire de l’Église pour lui demander de cacher des enfants afin que ceux-ci soient épargnés des massacres. Le dignitaire lui répondit que les Juifs n’avaient que ce qu’ils méritaient. Ainsi, les Juifs continuaient à payer pour ce qui s’était passé il y a deux millénaires.

Néanmoins, Benoît XVI a également « réhabilité » la Prière pour les Juifs ces dernières années. Lors de Vatican II, cette prière a été corrigée par Jean XXIII et Paul VI de tout ce qui pouvait être compris comme offensant, notamment par la suppression de l’adjectif « perfide » : Prions pour les Juifs, à qui Dieu a parlé en premier : qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité à son Alliance. Dieu éternel et tout-puissant, toi qui as choisi Abraham et sa descendance pour en faire les fils de ta promesse, conduis à la plénitude de la rédemption le peuple de l’Alliance, comme ton Église t’en supplie. Néanmoins, l’actuel pape a proposé une nouvelle version de cette prière en 2008 qui réinstaure les demandes de conversion à l’égard des Juifs : Prions aussi pour les juifs. Que notre Dieu et Seigneur illumine leurs cœurs, pour qu’ils reconnaissent Jésus Christ comme sauveur de tous les hommes. – Prions. – Fléchissons les genoux. – Levez-vous. – Dieu éternel et tout-puissant, qui veux que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, accorde, dans ta bonté, que, la plénitude des nations étant entrée dans ton Église, tout Israël soit sauvé. Par le Christ notre Seigneur. Cette nouvelle correction de la Prière pour les Juifs donne l’impression que l’Église tient un double discours envers le judaïsme, tantôt en reconnaissant sa singularité, tantôt en désirant en assimiler les membres.

Idéologiquement, la pire des choses pour un chrétien est d’être antisémite. Par son nouvel ouvrage, Benoît XVI réaffirme que le peuple juif n’est pas responsable de la mort de Jésus tout en rappelant que les personnages du Nouveau Testament étaient eux-mêmes Juifs. Néanmoins, le retour de la Prière pour les Juifs semble quelque peu gâcher cette heureuse nouvelle car elle donne l’impression que l’Église fait marche arrière par rapport aux avancées de Vatican II en matière d’amitié judéo-chrétienne. Il serait cependant regrettable qu’à cause de cette prière, nous ne voyions pas la main tendue par l’Église catholique qui semble nous dire qu’elle ne sera plus jamais à l’origine de persécutions ou de pogroms envers Israël.

Contente-toi de peu : c’est le meilleur moyen d’éviter la mélancolie.

[Chnéour Zalman de Ladi]

Par Ahouva

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13 commentaires leave one →
  1. Guillaume permalink
    8 avril 2011 10:55

    Le fait que l’Eglise dise une prière spécifique pour les juifs le vendredi saint signifie précisément qu’elle reconnaît la singularité du peuple d’Israël. A partir du moment où les chrétiens croient que Jésus est le Messie attendu par Israël , il semble légitime qu’ils prient pour qu’Israël reconnaisse son sauveur. En quoi cela pourrait-il nier la singularité d’Israël ? N’est-ce pas là au contraire, dans l’esprit des chrétiens, l’accomplissement par excellence de la singularité d’Israël ? Un juif qui reconnaîtrait Jésus comme le Messie perdrait-il sa singularité de membre du peuple d’Israël ? Dans l’esprit des chrétiens, certainement pas. Est-ce à dire que, dans votre esprit, il serait déclassé de sa judéité ? Pour moi, il n’y a pas de double langage, mais au contraire, une fois corrigées les erreurs du passé, un seul langage tout à fait cohérent. Il me semble que la balle est plutôt de votre côté : comment appréhendez-vous le juif qui reconnaît Jésus comme le Messie promis par les écritures ?

    • 8 avril 2011 2:30

      Cette nouvelle version de la Prière pour les Juifs, à mon sens, nie la singularité d’Israël car elle supprime tout ce qui avait été dit à propos de l’Alliance. Dans cette version, la demande de reconnaissance de Jésus était certes implicite (Conduis à la plénitude de la rédemption) mais elle était bel et bien présente et ne donnait pas ce sentiment de retour au Verus Israël. Or, avec la nouvelle version, toute cette dimension disparait pour laisser la place à une simple demande de conversion, comme si avoir gardé l’Alliance pendant 3000 ans n’avait aucune espèce d’importance et était presque une « bêtise ». Personnellement, je dois reconnaître que Que notre Dieu et Seigneur illumine leurs cœurs m’a laissé l’impression d’un Exauce les prières que nous t’adressons pour ce peuple aveuglé, afin qu’il admette que le Christ est la lumière de ta vérité, et sorte ainsi des ténèbres politiquement correct mais cela n’engage que moi.

      Quant au Juif qui reconnaît Jésus comme étant le Messie, cela se tranche au cas par cas et j’espère que, dans ce cas, vous ne m’en voudrez pas de ne pas tomber dans la généralisation.

      • Guillaume permalink
        8 avril 2011 4:42

        Dans votre manière de voir cette prière, je vois trois choses à distinguer : ce que vous aimeriez lire, ce que vous recevez et ce qui est concrètement écrit. Je ne veux pas démontrer que ce que vous recevez ne correspond pas à ce qui est écrit, car cela regarde votre disposition intérieure. « Scripsi, scripsi » disait Pilate.
        Je sais que certains catholiques hésitent à dire que l’Eglise prie pour la conversion des juifs. Ils sont probablement animés des meilleures intentions, mais ils ne sont pas dans le dialogue, ils sont à mon avis dans l’évitement. Je préfère poser clairement le fait que l’Eglise prie en effet pour que les juifs reconnaissent Jésus comme le Messie et qu’elle considère que cela ne leur enlève rien de la singularité de leur judéité car il y a un accomplissement en Jésus de la promesse faite au peuple d’Israël. Si Jésus est vraiment le Messie d’Israël, il serait pour le moins paradoxal que le juif qui le reconnaît cesse pour cela d’être membre du peuple d’Israël. Je crois que derrière la question de la réception par les juifs de cette prière catholique, il y a bien davantage celle de la manière dont est appréhendée par la religion juive la conversion d’un juif au christianisme. C’est pourquoi je regrette que vous n’y ayez pas répondu. D’autres y ont répondu clairement.
        Yossef Burg, président de Yad Vashem, dit que « celui qui se convertit au christianisme franchit la ligne rouge et n’appartient plus au peuple juif ».
        Dans sa célèbre tribune donnée au Figaro sur le cardinal Lustiger – intitulée « Lustiger était un prince de l’Église mais il n’était plus juif » -, le rabbin Josy Eisenberg écrit à propos de la conversion du cardinal qu’il « a obstinément soutenu que, ce faisant, il restait juif. Or cette prétention est tout simplement insupportable. Il n’est pas possible de se réclamer de l’identité d’un groupe lorsqu’on cesse d’en observer les règles. Surtout lorsque ce groupe proclame urbi et orbi qu’on a franchi la limite au-delà de laquelle on n’en fait plus partie. Or, sur ce point, le consensus au sein du peuple juif est sans faille, et c’est lui faire injure que de refuser d’en tenir compte. »
        Je ne porte aucun jugement négatif sur ce qu’ont écrit Burg et Eisenberg. Au contraire, à partir du moment où ils considèrent que Jésus n’est pas le Messie, je comprends que leur soit insupportable l’idée qu’un juif puisse proclamer un faux Messie tout en se réclamant de sa judéité. Pour moi, le point central du dialogue entre les chrétiens et les juifs n’est pas la loi juive et son interprétation ou encore la liturgie catholique et son interprétation, mais c’est bien l’identité messianique, ou non, de Jésus. L’essentiel de la prédication des premiers chrétiens, qui était juifs, a consisté à essayer de démontrer à leurs coreligionnaires cette identité messianique en s’appuyant sur les écritures. Je pense qu’ils ont vécu une authentique expérience de dialogue. Et il ne faut pas croire qu’ils aient été rejetés par tous : des milliers de juifs ont crû à l’accomplissement de la promesse messianique en Jésus.

    • 8 avril 2011 5:07

      « Mais ils ne sont pas dans le dialogue, ils sont à mon avis dans l’évitement »… Cher G. de Prémare, je peux au moins vous garantir que le projet « Dialogue-Abraham » ne recherche pas l’évitement. Je ne sais, cependant, si Ahouva pourra vous répondre dès aujourd’hui, car shabbat ne devrait pas tarder. Il faudra patienter, je pense, avant de poursuivre votre échange.

  2. Guillaume permalink
    8 avril 2011 5:42

    Bien entendu, cher Ren’, ni vous ni ce blog n’êtes visés !
    Et je reconnais bien volontiers que le « ils ne sont pas dans le dialogue » est excessif, j’aurais été mieux inspiré d’écrire quand dans ce cas « le dialogue est appauvri par l’évitement »…
    Figurez-vous que j’ai découvert la richesse du dialogue des religions grâce à un ami Focolari, l’excellent Jean-Michel Merlin (que vous connaissez probablement) !
    Je dois dire qu’avant de rencontrer Jean-Michel, je ne m’y intéressais que très peu…
    Même si je vous « titille » de temps à autres, tous mes encouragements pour ce que vous faites, c’est un don du bon Dieu !
    Et bon shabbat à Ahouva ! Je saurai me montrer patient…

    • 9 avril 2011 10:00

      Guillaume, je n’exprime pas ici ce que j’aimerais lire dans cette prière mais seulement comment je la comprends. En toute honnêteté, je déplore que cette prière continue à blesser des Juifs, tout comme je déplore que l’institution de la Birkat haMinim continue à blesser des chrétiens.

      Bien sûr, selon la théologie catholique, nous sommes d’accord que prier pour la conversion des Juifs n’ôte pas à ces derniers leur singularité, du moins ainsi que le présente l’Église aujourd’hui. Néanmoins, en ne considérant que le point de vue catholique, nous oublierions le point de vue du judaïsme (orthodoxe). Vous n’êtes pas sans savoir comme la question Qui est Juif ? est toujours au centre des discussions chez nous et que si elle semble être tranchée halakhiquement, elle divise toujours les courants majeurs du judaïsme, ainsi que l’État d’Israël.

      Si d’autres ont répondu clairement à votre question quant au statut d’un Juif converti au catholicisme, c’est leur propre responsabilité. Jean-Paul Sartre, quant à lui, dira même que c’est le regard d’autrui qui façonne le Juif mais ce n’est rien d’autre que son opinion. Personnellement, on m’a toujours rappelé que ce sont des autorités rabbiniques qui doivent trancher au cas par cas en cas de conversion, notamment parce que le converti peut simplement être momentanément « égaré ». J’estime cette manière de faire relativement honnête car elle prend en compte des paramètres que je ne peux personnellement connaître à propos de chaque Juif s’étant converti au catholicisme. Voilà pourquoi je ne répondrai pas à votre question.

      Je suis bien consciente des origines juives du christianisme (je travaille actuellement sur la récupération de la Ménorah dans le christianisme primitif, c’est très intéressant !) mais je suis dubitative quant à faire de Jésus le point central du dialogue judéo-chrétien car, de chaque côté, la question de sa messianité est tranchée depuis longtemps. Bien sûr, aujourd’hui encore, des Juifs embrassent la foi chrétienne tout comme des chrétiens intègrent Israël, et cela sera sans fin jusqu’à la venue ou le retour – c’est selon – du Messie.

      Une lecture intéressante à propos de la Prière pour les Juifs : http://www.laviedesidees.fr/Benoit-XVI-et-la-priere-pour-les.html

  3. 10 avril 2011 7:07

    Pour ma part, Ahouva, je considère que la formule « Que notre Dieu et Seigneur illumine leurs cœurs » (rite extraordinaire, 2008) dit la même chose que « Conduis à la plénitude de la rédemption le peuple de l’Alliance, comme ton Église t’en supplie » (rite ordinaire, 1970) ou que la formule initiale « Que le Seigneur notre Dieu enlève le voile de leur cœur, de manière qu’ils reconnaissent eux aussi avec nous Jésus-Christ, notre Seigneur » (l’image du voile étant celle donnée par St Paul)

    La véritable modification apportée par Benoît XVI en 2008 est à mes yeux ailleurs : dans l’ajout de la précision « Accorde, dans ta bonté, que, la plénitude des nations étant entrée dans ton Église, tout Israël soit sauvé » (St Paul, encore… « Une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée. Et ainsi tout Israël sera sauvé (…) car Dieu ne se repent pas de Ses dons et de Son appel » > Rm XI, 25-26.29)

    Cette prière se place ainsi à mes yeux dans le même cadre que celle qui clôt ma Bible : « Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap XXII, 20) ; un cadre eschatologique qui fait que cette prière est donc, Ahouva, bien autre chose qu’une « simple demande de conversion »

    NB: à mon tour de présenter un lien : http://v.i.v.free.fr/spip/spip.php?article3170

    • 10 avril 2011 9:58

      Ren’, ton commentaire s’inscrit relativement bien dans la conclusion de mon article où je parlais d’impression donnée par l’Église. Or, nous savons bien comme une impression est toute relative, de même que la compréhension du voile de Paul (si j’ai bon souvenir, c’est dans un des épîtres aux Corinthiens ?) ne peut être perçue de manière égale de mon côté et du tien. Ce que je tentais de pointer dans le paragraphe que j’ai consacré à la Prière pour les Juifs, c’était l’importance du bon choix des termes employés pour faire passer un message. A mon sens, depuis Vatican II, chaque version de cette prière tend vers la même direction mais j’estime personnellement que la version de Paul VI, notamment parce qu’elle rappelait l’importance de l’Alliance, était plus « acceptable » par la communauté juive parce qu’elle semblait en laver les membres des vieux reproches qui leur avaient été faits au cours de l’Histoire.

      L’idée sous-tendue par mon article est l’ambivalence des sentiments qu’un Juif lambda peut éprouver dans les grandes réformes de l’Église catholique à l’égard du peuple d’Israël et en aucun cas un procès contre cet Église, soyons bien d’accord là-dessus.

  4. 10 avril 2011 10:15

    …La 2e lettre aux corinthiens, chapitre III ; la question du « voile » est d’ailleurs un sujet sur lequel je veux écrire un article depuis bien, bien longtemps pour ma rubrique http://blogren.over-blog.com/categorie-10822554.html (l’idée date d’un échange avec erwan sur forum-religion.org alors que nous n’en étions pas encore modérateurs !). Mon inconscient n’a cependant visiblement pas encore suffisament digéré les éléments que j’ai recueillis dans les textes musulmans et chrétiens pour que l’article sorte…

    • 10 avril 2011 10:29

      Sois rassuré, je n’en remettrai pas une couche car j’aimerais que tu puisses un jour rédiger cet article ;)

  5. Chaël permalink
    18 avril 2011 8:54

    Quoi que l’on pense de cette prière, le dialogue inter religieux sert à dissiper les malentendus. Les progrès accomplis par l’Église catholique durant tous ces siècles ne sont peut-être pas terminés et personnellement je comprend que l’on puisse être heurté par la formule.
    La mienne pourra en choquer d’autres puisque je considère que nous faisons partie de la même famille: Mon Dieu je te prie pour le peuple d’Israël; conduis nous ensemble sur ton chemin de vérité de paix et d’amour pour que nous soyons toujours plus unis autour du même Seigneur! Amen!

    • 18 avril 2011 9:28

      Nous appartenons tous à la même famille, Chaël, puisque nous descendons tous d’Adam.

      • Chaël permalink
        19 avril 2011 7:54

        C’est une simplification à l’extrême mais elle ne me semble pas fausse.
        Et Dieu nous a créé à son image et a mis son souffle en nous…
        Sommes-nous les fils et les filles de Dieu?

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