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Le Bien désintéressé.

31 mars 2011

Le monde entier a été ému en découvrant la catastrophe survenue au Japon le 11 Mars dernier. Un séisme d’une magnitude de 9.0 sur l’échelle de Richter suivi d’un tsunami ont causé des milliers de morts ainsi que des dégâts matériels considérables, sans parler du risque radioactif lié à la surchauffe des réacteurs nucléaires.

Face à ce drame que nous avons vécu à travers des récits, images et vidéos, nous ne pouvons qu’imaginer ce que doivent vivre les japonais comme souffrances, stress, espoir/désespoir …

Parmi ces récits qui nous parviennent, nombreux sont ceux qui parlent de l’attitude de ce peuple. Attitude qualifiée, malgré la peur, l’angoisse et le stress, de calme, solidaire et surtout disciplinée. On rapporte, par exemple, que dans les supermarchés où les produits se font rares, les gens forment des files d’attente ordonnées et qu’il n’y a pratiquement pas de scènes d’émeutes ou de pillages. A l’hôpital, des patients pouvant se déplacer préfèrent s’en aller pour libérer les lits afin que d’autres personnes plus atteintes puissent être soignées.

François Lachaud dit à ce sujet : « Lorsque l’on a vécu une partie importante de sa vie au Japon, ce rapport aux êtres chers et à l’univers naturel fondé sur une conscience aigüe de la précarité, des joies et des peines qu’elle procure, change de manière irrémédiable le regard que l’on porte sur le monde qui nous entoure. Le japonais à pour le dire de nombreux mots, dont l’un est hakanai, « ce qui est fragile, évanescent, transitoire », « entre le rêve et la réalité », et qui définit, comme le nom mujô, ce qui est impermanent et ne dure pas. Ces deux mots, très anciens, sont presque toujours associés à la condition humaine. Le premier s’écrit en associant deux éléments celui qui désigne l’homme et celui qui désigne le songe ; la matière insaisissable dont sont faites les entreprises humaines et celles de la nature.

… l’épicurisme, la douceur de vivre, la politesse côtoient, dans les plus menus détails du vécu quotidien, la conscience tragique de vivre dans un monde fragile, perpétuellement menacé de disparaître. La proximité du désastre et de l’affirmation résolue de la vie attestent chaque jour de cette force qui anime les habitants de l’archipel. Les mots de solidarité, d’entraide, de délicatesse et d’éducation ne m’ont jamais semblé avoir plus de sens qu’en ce pays qui oscillerait au bord d’un gouffre inconnu à en croire certains « experts ».

A la série des hypothèses émises par les scientifiques les plus éminents, ce regard à niveau humain ne peut que nous bouleverser car il nous parle, sans l’avouer, d’un des mots que tout le monde a envie de prononcer à propos du Japon de demain, d’après-demain, dans les épreuves et dans la reconstruction : « espoir ». »

L’espoir. C’est effectivement l’espoir en le genre humain que nous donne l’attitude des japonais aujourd’hui. Cette entraide et cette solidarité, dont ils font preuve, sont des leçons de vie pour le monde entier. Et devraient par la même occasion nous faire réfléchir, nous croyants, sur notre relation avec Dieu et avec nos prochains.

Mais tu [Prophète] peux annoncer une heureuse issue à ceux qui souffrent avec patience, à ceux qui, lorsqu’un malheur les touche, disent : «Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous ferons retour !» Coran 2:155,156

La piété ne consiste pas à tourner sa face du côté de l’Orient ou de l’Occident , la piété, c’est croire en Dieu, au Jugement dernier, aux anges, aux Livres et aux prophètes , la piété, c’est donner de son bien – quelque attachement qu’on lui porte – aux proches, aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs et aux mendiants , la piété, c’est aussi racheter les captifs, accomplir la salât, s’acquitter de la zakât, demeurer fidèle à ses engagements, se montrer patient dans l’adversité, dans le malheur et face au péril. Telles sont les vertus qui caractérisent les croyants pieux et sincères !

Coran 2:177

Ô mon cher fils ! Observe la salât, recommande le Bien et déconseille le Mal ! Supporte avec patience les maux qui peuvent t’atteindre ! Telle est la résolution à prendre et dont tu ne devras jamais te départir.

Coran 31:17

Cela devrait faire réfléchir surtout ceux qui tiennent un cahier de comptabilité avec Dieu, notant assidument les bons points qui leur reviennent à chaque bonne action qu’ils font ainsi que les mauvais points à chaque mauvaise action qu’ils commettent. On dirait qu’ils essaient de dresser une simulation de leur devenir dans l’au-delà. Le paradis apparait comme une destination eschatologique assurée quand la colonne des bons points est la plus remplie, l’ombre de l’enfer se dessine quand celle des mauvais points commence à s’allonger. Dans ce dernier cas, certains s’en inquiètent, d’autres sont vraiment destabilisés, d’autres encore sont confiants : une ‘omra et les compteurs sont remis à zéro.

Rappelons-nous de cet extraordinaire personnage qu’est Rabia Al Adawiyya, qui courait un seau rempli d’eau dans une main et une torche enflammée dans l’autre, dans le but d’éteindre les feux de l’enfer avec l’eau et mettre le feu au paradis avec la torche. Les gens arrêteraient alors d’adorer Dieu par intérêt et commenceraient à L’adorer pour Lui.

Est-ce que notre bien-être dans l’au-delà peut être plus important que le fait que Dieu soit satisfait de nous ? Si les écritures saintes parlent de rétribution, de récompense et de punition, est-ce dans le but de nous montrer la voie à suivre et de motiver ceux de nous qui seraient tentés par le mauvais chemin ? Ou est-ce que ce discours se limiterait à nous donner les outils pour construire notre maison eschatologique ?

par Aâya

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One Comment leave one →
  1. 31 mars 2011 3:12

    La deuxième partie de ton article m’a remis en mémoire la « Lettre des 128 » dont j’avais fait une lecture croisée avec la première Encyclique de Benoît XVI ( http://blogren.over-blog.com/article-20799202.html ). J’avais notamment écrit ceci sur la nécessité d’aimer concrèetement son prochain : http://blogren.over-blog.com/article-21326308.html

    Benoît XVI avait eu cette phrase que j’aime beaucoup : « Le programme du chrétien -le programme du bon Samaritain, le programme de Jésus- est « un coeur qui voit ». Ce coeur voit où l’amour est nécessaire et il agit en conséquence « 

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