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Suis-je le gardien de mon frère ?

22 janvier 2011

Mardi dernier, 18 janvier, la commission des Affaires sociales du Sénat a adopté par 25 voix contre 19 une proposition de loi relative à l’euthanasie, fusion de trois propositions déposées par des sénateurs issus aussi bien de l’opposition que de la majorité, proposition qui sera discutée mardi prochain par les sénateurs.

J.-L. Roméro, conseiller régional (PS) d’Ile-de-France et président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, déclare alors dès le lendemain sur France Info que ce vote est « une première victoire de la liberté face à l’obscurantisme » avant de déplorer que « le pays qui était le pays des Lumières est aujourd’hui à la traîne de bien des pays européens » alors qu’il introduisait son propos en affirmant que « depuis 30 ans les sondages donnent les français favorables à l’euthanasie »

Des propos qui ne peuvent surprendre de la part de celui qui écrit sur son blog : « Evidemment, nous sommes choqués par la mauvaise foi et la brutalité dont nous faisons l’objet de la part des conservateurs, des anti-tout, des rétrogrades et des sans-coeur (…) Mais n’oublions pas une chose importante : c’est l’ADMD qui fait le calendrier et nos adversaires ne sont que des suiveurs (…) ils suivront encore lorsque la loi aura changé dans le sens de la liberté. Hauts les coeurs : nous allons dans le sens de l’histoire »

J’évoquais le mois dernier le cours que j’ai pu faire à mes élèves sur les techniques de propagande ; ces propos en donneraient une excellente illustration, si la réserve professionnelle ne me poussait pas à éviter les exemples tirés de l’actualité.

C’est donc ici que je vais m’offrir, pardonnez-moi, ce petit plaisir.

Le premier point révélateur est la dichotomie manichéenne employée : d’un côté les « obscurantistes », de l’autre le « pays des Lumières ». Le premier camp est ensuite accusé d’être de « mauvaise foi » et « brutal » ; dans le même temps, l’ADMD veut passer pour une victime. J.-L. Roméro cherche également à s’approprier l’impact positif du mot-clef « Liberté » et dans le même temps associe ses contradicteurs à l’impact négatif du terme « anti » (souvenons-nous : il faut toujours savoir être « pro-«  !), du qualificatif de « sans-coeur »… Il s’octroie un rôle prophétique (« le sens de l’histoire ») face aux « suiveurs »« conservateurs »« rétrogrades » et se donne une légitimité démocratique artificielle avec ce « évidemment » qui rythme son article (qui pourrait rétorquer face à l’évidence que tout le monde est censé voir ?) et, bien entendu, cet argument des sondages « depuis 30 ans » (sans bien sûr donner de précisions qui permettraient de vérifier les résultats et la méthodologie de ces fameux sondages) qu’il brandit dès sa première phrase sur France Info (pendant que sur son blog il critique la méthode du sondage OpinionWay réalisé au début de cette année qui lui donne tort…)

Mais le point le plus marquant à mon sens se trouve dans le nom de l’association présidée par J.-L. Roméro : « Association pour (sic) le Droit à Mourir dans la Dignité ». Petite anecdote rapportée par « Direct Sénat » : P. Schillinger, sénatrice (PS) du Haut-Rhin qui a voté pour le texte en commission, aurait confié « ne pas trop aimer le terme euthanasie ». Peut-être la sonorité ? « Eutha-nazi »… Voilà qui aurait des relents de programme T4 ? De la même façon, J.-L. Roméro, sur France Info, s’exclame : « Le droit de tuer : ça n’a strictement rien à voir ! C’est accompagner la personne dans le dernier moment de sa vie, c’est donc l’aider à partir : c’est un geste d’humanité ».

Bienvenue dans l’univers des glissements sémantiques…

Prenons les textes ayant précédé la proposition actuelle. Si celui de G. Fischer (PC) parle d’euthanasie volontaire (« dernière liberté à conquérir » !), ceux de J.-P. Godefroy (PS) et de A. Fouché (UMP) parlent d’une « aide active à mourir »… Le « sens de l’histoire » ne lésine décidément pas sur les euphémismes !

Voilà qui me ramène encore à cette phrase de Jean-Paul II que je citais le mois dernier : « le courage de regarder la vérité en face et d’appeler les choses par leur nom est plus que jamais nécessaire ». Et l’archevêque de Paris de déclarer, il y a quelques jours, que « le Sénat va devoir se prononcer à nouveau dans quelques jours sur plusieurs propositions de loi visant à délivrer ce qu’il faut bien appeler un permis de tuer »… Tel est cet « obscurantisme » décrié par J.-L. Roméro : appeler les choses par leur nom.

Mais plongeons-nous dans la lecture de ce fameux rapport du 18 janvier. L’avant-propos nous dit que la question « doit être étudiée d’une part, au regard des droits de la personne, d’autre part, dans le contexte du développement des soins palliatifs ».

Commençons par ce deuxième point. Objet de la loi Leonetti de 2005, loi dans laquelle certains tentèrent d’insérer une légalisation de l’euthanasie, cette question du lien entre les soins palliatifs et « le droit à la mort assistée » (sic) est introduite par cette affirmation de… J.-L. Roméro : « Ce sont les mouvements en faveur d’un droit à la mort assistée qui ont d’abord promu, et qui continuent à promouvoir, le développement des soins palliatifs et le traitement de la douleur »

Catholique, j’ai pourtant en mémoire un texte bien antérieur… En 1957, Pie XII déclarait : « Toute forme d’euthanasie directe, c’est-à-dire l’administration de narcotique afin de provoquer ou de hâter la mort, est illicite, parce qu’on prétend alors disposer directement de la vie (…) Si entre la narcose et l’abrègement de la vie n’existe aucun lien causal direct posé par la volonté des intéressés ou par la nature des choses (ce qui serait le cas si la suppression de la douleur ne pouvait être obtenue que par l’abrègement de la vie), et si, au contraire, l’administration de narcotiques entraîne par elle-même deux effets distincts, d’une part le soulagement des douleurs, et d’autre part l’abrègement de la vie, elle est licite (…) L’idéal de l’héroïsme chrétien n’impose pas, au moins d’une manière générale, le refus d’une narcose justifiée par ailleurs, pas même à l’approche de la mort »

23 ans avant la création de l’ADMD, la distinction que J.-L. Roméro cherche à faire oublier est déjà clairement posée, et la « narcose justifiée » opposée à « l’euthanasie directe » ; et 10 ans avant la loi Leonetti, Jean-Paul II dans cette encyclique que je citais plus haut insistait également sur la nécessité de « distinguer de l’euthanasie la décision de renoncer à ce qu’on appelle l’acharnement thérapeutique » et se réfère à Pie XII pour rappeler la licéité des « soins palliatifs (…) destinés à rendre la souffrance plus supportable dans la phase finale de la maladie et à rendre possible en même temps pour le patient un accompagnement humain approprié »

Mais J.-L. Roméro n’aime pas ces distinctions (rappelons son grief contre le sondage qui lui donne tort : « évidemment, le sondage OpinionWay cherche encore une fois à opposer aide active à mourir et soins palliatifs ! » ) ; et notre rapport lui emboîte le pas.

Ce texte cherche également à minimiser la portée de cette légalisation envisagée de l’euthanasie : « ses applications pratiques ont vocation à rester peu nombreuses » ! Et d’évoquer deux pays voisins… Aux Pays-Bas, selon un rapport du député français M. Vall (PS), « pour l’année 2008, les commissions régionales de contrôle de l’euthanasie ont enregistré 2 331 déclarations par application de la loi du 12 avril 2001, chiffre en augmentation de 10 % par rapport à l’année précédente (2 120 cas en 2007) ». Selon le même rapport, en Belgique, « après une augmentation importante du nombre de déclarations d’euthanasies en 2003 et en 2004, l’augmentation annuelle est continue mais relativement faible. Le nombre de documents d’enregistrement reçus par la commission a été de 429 en 2006 et de 495 en 2007 ». Le rapport de la Commission Fédérale d’Evaluation de l’Euthanasie belge nous indique que ce chiffre passe à 822 en 2009.

Deux exemples parmis d’autres. Intéressons-nous donc nous aussi à ces régions du monde qui ont légiféré en la matière. Aux Etats-Unis, une loi adoptée par référendum est entrée en vigueur en 1997 dans l’état de l’Orégon, qui permet à « un adulte capable (…) en phase terminale (…) de formuler une requête pour obtenir une médication afin de finir sa vie d’une manière humaine et digne ». Certes, « humain et digne » est l’expression qu’il nous faut quand on apprend comment Randy Stroup, n’ayant pas les moyens d’accéder à une chimiothérapie pour son cancer de la prostate, s’est vu proposer un « suicide assisté »...

Revenons maintenant sur les Pays-Bas. En 2008, le député J. Leonetti (UMP) rendait un rapport qui pointe que « le taux de signalement des cas d’euthanasie est en augmentation puisqu’il s’élève à 80 % en 2005 contre 60 % en 2003 (…) Cela signifie en même temps un taux d’euthanasies clandestines de 20 % en 2005, ce qui fragilise les vertus de transparence prêtées à cette législation par ses promoteurs ». Il ajoute plus bas que cette loi « a toujours été présentée comme très consensuelle » mais qu’en réalité « l’Ordre des médecins allemands fait état de l’installation croissante de personnes âgées néerlandaises en Allemagne notamment dans le Land voisin de Rhénanie du Nord Westphalie. S’y sont ouverts des établissements pour personnes âgées accueillant des Néerlandais. C’est le cas notamment à Bocholt. Ces personnes craignent en effet que leur entourage ne profite de leur vulnérabilité pour abréger leur vie. N’ayant plus totalement confiance dans les praticiens hollandais, soit elles s’adressent à des médecins allemands, soit elles s’installent en Allemagne »

Voilà qui donne à réfléchir quant à la fin de vie « d’une manière humaine et digne »… Et qui nous donne un peu de recul face à cette affirmation assénée dans notre fameux rapport de mardi dernier : « la simple possibilité d’une aide à mourir peut permettre aux malades de savoir qu’ils conservent la maîtrise sur leur corps et sur leur vie même. Cette perspective est en elle-même apaisante et peut aider à continuer à vivre (…) L’aide à mourir offre donc une perspective pour ceux à qui les soins palliatifs n’en offrent plus ». Le texte de la commission des affaires sociales du Sénat déclare également dans sa première partie que si « l’acte d’aider à mourir n’est ni un acte thérapeutique, ni un acte de soin », il pourrait cependant être considéré comme « le prolongement des soins donnés, et la dernière étape du prendre soin »

Les personnes âgées néerlandaise qui s’expatrient semblent en effet particulièrement « apaisées »… Leur fuite devrait nous ouvrir les yeux sur certaines implications du « prendre soin » vanté ici.

De plus, la question de l’euthanasie est posée également pour les mineurs. La loi néerlandaise, dans son article 2, déclare que « si le patient mineur est âgé entre douze ans et seize ans et peut être jugé capable d’apprécier convenablement ses intérêts en la matière, le médecin peut donner suite à sa demande si le parent ou les parents investis de l’autorité parentale ou le tuteur peuvent accepter l’interruption de la vie ou l’aide au suicide ». En Belgique, la sénatrice C.  Defraigne (MR) a déposé il y a peu une proposition de loi pour élargir la loi belge relative à l’euthanasie aux mineurs âgés au minimum de 15 ans. L’association belge des praticiens de l’art infirmier, confrontée à ce sujet, s’y oppose et met en garde : « La question est dès lors de savoir si une nouvelle loi est bien le moyen adéquat pour régler ces problèmes aigus mais très rares et exceptionnels. Nous pensons que non (….) Au-delà de son rôle de définition formelle et de sanction (…) la loi influence les citoyens sur ce qui est considéré comme « le bien » et « le mal » (…) Ce qui est permis est vite considéré comme « le bien » et sera alors souvent compris comme un droit »

Apprécions désormais à sa juste valeur la façon dont le rapport de mardi dernier présente « la possibilité de demander la mort assistée » comme « un droit important » qui relève de la « liberté pour chacun de mener sa vie, jusqu’à son terme »« Avec cette conception de la liberté, la vie en société est profondément altérée », répond Jean-Paul II. « Si l’accomplissement du moi est compris en termes d’autonomie absolue, on arrive inévitablement à la négation de l’autre, ressenti comme un ennemi dont il faut se défendre. La société devient ainsi un ensemble d’individus placés les uns à côté des autres, mais sans liens réciproques : chacun veut s’affirmer indépendamment de l’autre, ou plutôt veut faire prévaloir ses propres intérêts (…) Ainsi disparaît toute référence à des valeurs communes et à une vérité absolue pour tous : la vie sociale s’aventure dans les sables mouvants d’un relativisme absolu »

Il nous dit par ailleurs que « lorsque prévaut la tendance à n’apprécier la vie que dans la mesure où elle apporte du plaisir et du bien-être, la souffrance apparaît comme un échec  insupportable dont il faut se libérer à tout prix. La mort, tenue pour « absurde » si elle interrompt soudainement une vie encore ouverte à un avenir riche d’expériences intéressantes à faire, devient au contraire une « libération revendiquée » quand l’existence est considérée comme dépourvue de sens dès lors  qu’elle est plongée dans la douleur et inexorablement vouée à des souffrances de plus en plus aiguës (…) Dans ce contexte, la tentation de l’euthanasie se fait toujours plus forte, c’est-à-dire la tentation de se rendre maître de la mort en la provoquant par anticipation et en mettant fin ainsi « en douceur » à sa propre vie ou à la vie d’autrui. Cette attitude, qui pourrait paraître logique et humaine, se révèle en réalité absurde et inhumaine, si on la considère dans toute sa profondeur. Nous sommes là devant l’un des symptômes les plus alarmants de la « culture de mort », laquelle progresse surtout dans les sociétés du bien-être, caractérisées par une mentalité utilitariste qui fait apparaître très lourd et insupportable le nombre croissant des personnes âgées et diminuées (…) On doit dire de l’euthanasie qu’elle est une fausse pitié, et plus encore une inquiétante perversion de la pitié : en effet, la vraie compassion rend solidaire de la souffrance d’autrui, mais elle ne supprime pas celui dont on ne peut supporter la souffrance. Le geste de l’euthanasie paraît d’autant plus une perversion qu’il est accompli par ceux qui —comme la famille— devraient assister leur proche avec patience et avec amour, ou par ceux qui, en raison de leur profession, comme les médecins, devraient précisément soigner le malade même dans les conditions de fin de vie les plus pénibles »

Et il nous met en garde : « S’il est vrai que, parfois, la suppression de la vie naissante ou de la vie à son terme est aussi tributaire d’un sens mal compris de l’altruisme ou de la pitié, on ne peut nier que cette culture de mort, dans son ensemble, révèle une conception de la liberté totalement individualiste qui finit par être la liberté des plus forts s’exerçant contre les faibles près de succomber »

Le SEIGNEUR dit à Caïn : « Où est ton frère Abel ? »
« Je ne sais, répondit-il, suis-je le gardien de mon frère ? »
« Qu’as-tu fait ? » reprit-Il. « La voix du sang de ton frère crie du sol vers Moi »
(Gn IV, 9-10)

Ce passage du récit du « premier meurtre » selon la Bible est une invitation à la réflexion. « Oui, nous dit Jean-Paul II, tout homme est « le gardien de son frère », parce que Dieu confie l’homme à l’homme. Et c’est parce qu’il veut confier ainsi l’homme à l’homme que Dieu donne à tout homme la liberté, qui comporte une dimension relationnelle essentielle. C’est un grand don du Créateur, car la liberté est mise au service de la personne et de son accomplissement par le don d’elle-même et l’accueil de l’autre ; au contraire, lorsque sa dimension individualiste est absolutisée, elle est vidée de son sens premier, sa vocation et sa dignité mêmes sont démenties »

La question de la fin de vie est complexe, la notion de frontière y est ambigüe… Mais si chaque vie est une histoire individuelle, chaque histoire s’inscrit dans une relation aux autres. « Donner un sens à sa vie » ne dépend pas que de soi.

par Ren’

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34 commentaires leave one →
  1. 25 janvier 2011 5:47

    J’ai beaucoup cité Jean-Paul II dans mon article ; je pensais à l’illustration vivante qu’il a donné de la position catholique relative à la fin de vie, mais ne savais comment en parler. J’ai finalement trouvé ces propos du cardinal Barbarin : « J’ai encore à l’esprit la fin de Jean-Paul II : en février 2005, on l’opère d’une trachéotomie pour qu’il puisse continuer de respirer. Mais quand, fin mars, on envisage une gastrectomie, il refuse. On continue de le nourrir et de l’hydrater, mais il n’est pas question de tenter une nouvelle opération, aussi douloureuse qu’inutile. Et le 2 avril au soir, il s’en va. Avec la mort, la vie n’est pas détruite, elle est transformée » ( http://lyon.catholique.fr/?Autoriser-l-euthanasie )

  2. L'ASnico permalink
    25 janvier 2011 11:52

    Voilà un sujet qui ne m’a jamais posé problème, le gravement malade veut mourrire c’est son droit.
    Si un jour je suis paralysé de la tête au pied, sans pouvoir parler , un légume, qu’on m’achève !
    (à par celui qui désire me voir l’esprit torturé biensure…)

    c’est un des rares sujet ou les religieux me font peur.. je crois que si certain légume qui n’ont pas été achevé se remétaient soudain à bouger aprés 20 ans, on pourrait alors voir une rage noire envers leurs prochains, ou bien leurs esprits aura tellement été tourmenté qu’ils seront completement fou .

    Je sais qu’on ne parle pas forcément de légume mais c’est un bon exemple.

    • 26 janvier 2011 11:28

      « Le gravement malade veut mourir et c’est son droit »… Tel est l’argument habituel. Mais que faites-vous des personnes qui ne le veulent pas forcément, et qui sont cependant euthanasiées ? En voulant focaliser l’attention sur l’état végétatif, vous la détournez de faits symptômatiques tel que la fuite des retraités néerlandais… Même en France, la « personne de confiance » (dispositif instauré par la loi du 4 mars 2002), habilitée à donner un avis au médecin, a fait naître la crainte, en particulier dans les services de gériatrie, de voir la personne de confiance sortir de son rôle et prétendre exercer des prérogatives qu’elle n’a pas, en abusant de la faiblesse de personnes fragilisées par la maladie et le grand âge : «choisir une personne de confiance n’est pas un acte qui est à considérer en dehors de tout rapport de force» (Dr M.-P. Hervy, chef de service de gériatrie au CHU de Bicêtre : http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i1287-t1.asp#P389_63424 )

      Vous voulez mettre en avant votre volonté, et l’imposer aux autres (car votre demande de vous faire ce que vous ne seriez pas capable de faire vous-même si vous étiez dans un état de dépendance n’est rien d’autre), vous voulez que cette volonté qui vous est propre soit imposée à tous par la loi, mais vous ne prenez pas en compte les multiples formes de pression qui peuvent exister sur la volonté de personnes dépendantes pour les pousser malgré elles vers la mort…

      Quant à dire que ce sujet est de ceux « où les religieux vous font peur », c’est là encore une façon d’éviter de regarder le fait que les « religieux » ne sont pas les seuls à s’opposer à l’euthanasie.

  3. L'ASnico permalink
    26 janvier 2011 9:56

    C’est l’abus le problème et pas l’euthanasie n lui même.

    Je ne suis pas pour qu’on pousse les vieux et les malades « inutile à la société » à mourire par exemple,
    mais dans des cas extrème si une personne veut mourire, c’est son droit, et celui qui fait la volonté du malade( l’achever) ne fait rien d’immorale.
    celui qui veut qu’on le laisse agoniser qu’il agonise…c’est une façon de voir les chose et chaque situation est complexe, je ne cherche pas à imposer.

    je suis biensur contre l’abus, mais quelque chose me dit que certain religieux sont tout simplement contre l’euthanasie non par amour de quoi que ce soit, mais par fanatisme ( le suicide c’est péché, tuer c’est pécher…)

    • 26 janvier 2011 11:29

      L’abus ? Mais l’abus est déjà là, et l’institutionnalisation ne fait que l’accentuer. Légaliser l’euthanasie permet de l’imposer. Regardez donc la réalité telle qu’elle est, et non telle que vous voudriez qu’elle soit… Mon article donne accès à des sources précises, et non de simples articles de journaux. Je vous invite à y jeter un oeil.

      Maintenant, vous êtes libre de préférer votre « quelque chose qui vous dite que », et de tourner le dos à la complexité de ce sujet. Mais plutôt que de me sortir de vagues généralités sur « certains religieux », quel regard porteriez-vous sur les propos de Jean-Paul II que je cite ici -et sur leur mise en application par celui-là même qui les a écrits ?

  4. Roque permalink
    26 janvier 2011 11:11

    > Ma mère agnostique/athée était inscrite à l’ADMD. Lors d’un de mes passages espacés en France (j’ai travaillé de nombreuses années à l’étranger) elle a voulu me faire signer un papier où je me serais engagé à la faire euthanasier au cas où elle deviendrait grabataire dépendante. Il faut dire qu’au cours de sa vie elle a une peu abusé du chantage affectif ou du chantage au suicide. Alors entre nous les choses se disaient sans fard. Je lui ai dit : « ne t’en fais pas ça va très bien se passer » (sic).

    Voyant que je ne voulais pas signer son papier elle m’a alors accusé « d’égoïsme ». Elle connaissait bien entendu mes convictions, mais pensait apparemment que j’aurais du me plier à sa volonté. Actuellement elle dirait que je suis « intolérant ».

    La question n’est pas seulement celle du meurtre en fin de vie, mais aussi d’impliquer le maximum de gens dans cette pratique du meurtre par compassion. J’ai prié pour qu’elle ait la fin qu’elle désirait.

    Finalement elle est morte vers 15h40 un jour pendant sa sieste entre mon coup de téléphone vers 15h30 et celui de mon frère vers 15h50. Dans la paix, sans douleur. C’était par ailleurs une femme de valeur, très stoïque dans la longue adversité qu’elle a du – par ailleurs – endurer. Dieu a eu pitié de sa fille.

    • 26 janvier 2011 11:42

      Ton témoignage me ramène à cette remarque que j’ai lue dans le rapport que je citais plus haut : « en faisant peser sur tous l’obligation de rendre effectif un droit à mourir revendiqué par quelques-uns, on se trouve (…) devant le paradoxe de la revendication d’une liberté qui a besoin de l’autre » ( http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i1287-t1.asp#P1642_362937 ). Et un peu avant : « la revendication de la légalisation de l’euthanasie paraît ignorer singulièrement les thématiques contemporaines de la responsabilité collective (…) Il est impossible de penser maintenant l’exercice des libertés individuelles sans prendre en compte leurs conséquences pour les autres »

  5. L'ASnico permalink
    27 janvier 2011 7:08

    «  »L’abus ? Mais l’abus est déjà là, et l’institutionnalisation ne fait que l’accentuer. Légaliser l’euthanasie permet de l’imposer » »

    C’est ça la liberté … avec tout les problèmes que ça peut poser…
    Mais pour l’instant celui qui veut « imposer aux autres » c’est vous , non ?

    C’est comme pour le phénomène de l’avortement, je suis daccord on peut parler de « culture de mort » dans notre société, mais on ne peut pas non plus imposer aux femmes de ne pas avorter… voilà ou je veux en venire.

    Quand à jean paul II, il ne fait que craindre comme vous l’abus, et la perte de valeur morale de notre société, du vrais sens de la vie etc (je comprend aussi son discours sur la soufrance) .

    Mais moi je parle simplement que dans des cas extrème, les gens font ce qu’ils veulent , et la pire des choses étant un pouvoir qui leurs imposerait de faire ceci ou cela avec leur corp ; la soumission…

    • 28 janvier 2011 10:56

      « C’est ça la liberté »… Mais que faites-vous de la liberté du personnel médical qui refuse de voir dévoyée sa vocation à préserver la vie ? Je vous invite à relire dans mon article l’avertissement du personnel infirmier belge, qui, lui, ne se fonde pas sur des hypothèses, puisqu’il est confronté à la réalité de la légalisation de l’euthanasie : « Ce qui est permis est vite considéré comme « le bien » et sera alors souvent compris comme un droit »… Droit qui devient alors exigible, et qui impose alors une restriction de la liberté de ceux que l’on contraint à agir.

      Vous revendiquez la liberté, le refus de la soumission… Alors qu’en réalité, vous réclamez que les autres soient soumis à votre désir personnel : « L’autonomie est la liberté de l’individu au milieu des autres. La revendication d’un droit à mourir inverse ces termes : elle rend la personne entièrement dépendante de ce qui n’est pas elle, puisqu’elle remet sa vie aux autres, tout en l’isolant des rapports humains, puisqu’elle instrumentalise les autres hommes pour son seul compte » ( http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i1287-t1.asp#P1645_364441 )

  6. L'ASnico permalink
    28 janvier 2011 9:28

    Bonsoir

    C’est ça la liberté »… Mais que faites-vous de la liberté du personnel médical qui refuse de voir dévoyée sa vocation à préserver la vie ?

    Est-ce que les medecins sont obligé d’euthanasier le malade qui désir l’être ? (je pose vraiment la question ) si c’est le cas biensur je suis contre ,

    moi je pensais plutot à des malades qui pourraient demander d’être euthanasié, et qu’il serait permis à celui qui le veut bien d’achevé le malade (ami medecin famille etc…)
    Ou serait le problème ici ?

    A aucun moment dans mon raisonnement quelqu’un se retrouve soumi à la volonté de l’autre.

    • 29 janvier 2011 9:17

      Le problème ? Encore et toujours, la naïveté de votre raisonnement. Vous évitez de prendre en compte les conséquences inévitables de votre souhait de légaliser l’euthanasie. Inévitables, car la nature humaine reste ce qu’elle est.
      1. Je vous l’ai répété, «ce qui est permis est vite (…) compris comme un droit»… Et un droit est exigible. Ce qui conduit inévitablement à soumettre la volonté des autres (nous en avons l’exemple en France avec l’avortement : un pharmacien d’hôpital n’a par exemple pas la possibilité de refuser de délivrer la RU486)
      2. Votre naïveté transparaît également dans votre surestimation de la volonté propre de chaque individu : « La maladie et la vieillesse sont en effet des états où le caractère influençable de la volonté par des tiers est le plus marqué. Pour les personnes qui s’estiment être une charge pour leur famille ou pour l’équipe médicale qui les prend en charge, le droit de mourir risque d’être interprété comme une obligation morale de disparaître. Écarter ce risque serait méconnaître le pouvoir suggestif qu’a l’entourage sur la volonté des malades en particulier celle des personnes âgées » ( http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i1287-t1.asp#P1612_349068 ) ; « C’est même un choix qui pourrait progressivement s’imposer à l’entourage et à la société qui, sous couvert de l’argument ambigu de la compassion, en viendraient ainsi à accepter ou à proposer de supprimer la personne pour supprimer sa souffrance, tentation qui permettrait à tous de ne plus avoir affaire avec la souffrance et le souffrant » ( http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i1287-t1.asp#P1620_353883 )
      3. Naïveté, encore, que d’imaginer un instant que la légalisation de l’euthanasie puisse échapper à la gestion comptable de notre société où le souci premier est la réduction des moyens et la rentabilité… L’exemple de l’Orégon vient pourtant nous rappeler à la réalité.

  7. L'ASnico permalink
    28 janvier 2011 9:48

    contrairement à votre raisonnement dans lequel l’euthanasie serait tout simplement interdit, et donc puni, et tout ça = soumission à votre volonté.
    c’est clair, limpide .

    • 29 janvier 2011 9:20

      Il est certain que quand on évite de prendre en compte tous les aspects d’une question pour n’en garder qu’une définition simpliste et caricaturale, « c’est clair, limpide » (sic)

  8. L'ASnico permalink
    29 janvier 2011 6:39

    Vous reconnaissez enfin que mon raisonnement à la base n’impose rien à personne,
    contrairement au votre …

    mais je m’attendais à la réponse que vous m’avez donné,
    étant donné que vous ne pouvez pas conredire le fait que mon raisonnement laisse libre et que le votre est de soumètre tout le monde,
    je savais déja que vous alliez dire  » oui mais aprés ça risque de… »
    …que la nature humaine étant ce quelle est ça ne sera jamais parfait, et qu’ il y aura toujours des problèmes, certe .
    Mais votre premier problème c’est que l’euthanasie va contre vos convictions, votre croyance, et que vous chercher à imposer au monde celle-ci.

    Donc :

    -Vous : vous voulez imoser à tout le monde vos convictions.

    -Moi : je laisse le choix au grande personne, ADULTE, et je laisse les gens disposer de leur corp comme ils le souhaitent, mon raisonnement n’impose rien à personne, le seul problème c’est la nature humaine et donc les rique d’abus , mais c’est comme ça pour tout .
    (Alors que vous c’est votre raisonnement de dépard qui est un abus «  »soumètre les autres »)

    • 29 janvier 2011 8:45

      Voilà un triomphalisme des plus étranges… Je ne « reconnais » rien, puisque depuis le départ je vous répète que votre raisonnement implique la soumission d’autres personnes au désir de mort supposé d’autrui, et que vous surestimez de façon totalement irréaliste la capacité au « vouloir libre » des personnes à euthanasier.

      Mais ce triomphalisme est en soi assez révélateur… Surtout quand en me disant que mon « premier problème » serait que l’euthanasie aille contre mes « convictions » ravalées au niveau de simples « croyances », vous montrez à quel point vous n’avez rien lu de ce que j’ai pu vous écrire. Vous restez dans votre préjugé initial sur « les religieux qui vous font peur », ce «quelque chose qui vous dit que» quoi qu’on vous dise réellement…

      Sans surprise, notre échange n’aboutit qu’à une impasse. Mais je vous remercie d’avoir si bien illustré les dérives du discours pro-euthanasie.

    • 29 janvier 2011 8:54

      Petite remarque en passant : je vous signale que je ne me suis pas appuyé sur des avis religieux lors de notre échange, mais sur un rapport de l’Assemblée Nationale. Histoire de vous rappeler que l’opposition à l’euthanasie ne peut se résumer à une opposition issue de « l’obscurantisme religieux »

  9. L'ASnico permalink
    29 janvier 2011 7:07

    Ensuite je suis daccord, les « pro-euthanasie » n’ont pas à dire que c’est le « Bien » et que ceux qui sont contre sont des sans-coeur, c’est effectivement de la propagande, c’est ça le véritable problème, et c’est surtout ça qui pourrait pousser comme vous le dites à des abus, la décadence, et à une culture de mort.

    Pour moi ça doit être légalisé, même si je suis bien conscient que si ca s’euthanasie à tout va ça serait malsain.

    • 29 janvier 2011 8:50

      Réveillez-vous ? Il ne s’agit pas de ce qui « pourrait pousser », les abus sont déjà là, et ils étaient inévitables. Regardez l’Oregon, regardez la Suisse, regardez les Pays-Bas…

      Permettez-moi de vous conseiller d’enlever un instant vos lunettes dogmatiques, et de regarder la réalité en face…

      Le « moi » n’est pas tout-puissant, surtout lorsqu’il est en situation de désespérance, ces fameuses situations pour lesquelles vous réclamez un « droit à l’euthanasie ».

      Le « moi » est en fait une petite chose bien fragile, savez-vous ?

  10. L'ASnico permalink
    30 janvier 2011 9:47

    «  »Je ne « reconnais » rien, puisque depuis le départ je vous répète que votre raisonnement implique la soumission d’autres personnes au désir de mort supposé d’autrui » »

    Et vous votre solution, regardez la , c’est ce qu’il y a de plus primaire, si c’est interdit des gens le feront toujours dans l’ilégalité, et pourront donc être puni pour une chose qui ne les regarde que eux .

    Si mon raisonnement bien que logique au dépard engendre inévitablement des abus , c’est pareil pour la vente de couteaux il n’y à pas des risque d’abus, les abus sont déja là : Agressions meurtres… et toc !…

    …ou la vente d’alcool ! et re-toc !

    C’est vrais, on sera bien daccord la dessus, la vente libre d’alcool ENGENDRE INEVITABLEMENT DES RAVAGES .

    C’est comme ça pour tout, tout le temps .

    Dans mon raisonnement personne ne serait obligé d’accomplire la volonté du malade, celui qui VEUT bien accomplire la volonté du malades n’est pas « soumis » .
    c’est les hommes et notre société le problème …

    • 1 février 2011 9:10

      La règle de base de toute analogie, c’est de comparer ce qui est comparable. L’euthanasie est un acte, un couteau ou de l’alcool un produit. Votre analogie ne tient donc sur rien…
      Si on interdit, « les gens le feront toujours dans l’illégalité » ? Mais voilà, si on l’autorise, les gens le font également toujours dans l’illégalité ! Aux Pays-Bas, « on constate que le taux de signalement des cas d’euthanasie est en augmentation puisqu’il s’élève à 80 % en 2005 contre 60 % en 2003 et 54 % en 2001 (419). Cela signifie en même temps un taux d’euthanasies clandestines de 20 % en 2005, ce qui fragilise les vertus de transparence prêtées à cette législation par ses promoteurs » ( http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i1287-t1.asp#P1745_404637 )
      Quant à votre raisonnement… S’il doit, pour tenir, se passer du problème des « hommes et notre société », dites-moi, que vous reste-t-il ?

  11. L'ASnico permalink
    30 janvier 2011 10:21

    «  »Mais je vous remercie d’avoir si bien illustré les dérives du discours pro-euthanasie. » »

    bof, j’irais pas défiler avec des banderole dans la rue, et contrairement à votre advaisaire je ne viens pas dire que c’est le « Bien » et chanter les louange de l’euthanasie…

    Mais une chose est sûr, entre un ami et moi si il est question d’euthanasie que la lois disent oui ou non entre nous j’en n’ai un peu rien à foutre, je ferais ce que bon me semble, ma volonté.

    Au fond vous avez peut-être raison, pour éviter les abus peut-être qu’il ne faudrait pas légalidé l’euthanasie, cela se ferait alors dans l’ilégalité de manière moins fréqente et entre gens que ça regarde .

  12. Roque permalink
    31 janvier 2011 12:57

    ASnico, je voulais te répondre un peu, mais j’ai pris le temps de te lire, d’apprécier ce que tu écris, mais il se faire tard pour t’écrire une tartine. Juste une question préalable alors. Vois tu une différence de dire pour toi-même : « Je souhaite qu’on m’achève si je suis réduit à l’état de légume » (ce que tu dis au début) et de « le faire pour un ami » (ce que tu viens de dire). S’il y a pour toi une différence, quelle est-elle ?

    Une brève histoire vraie. Une amie pédiatre néonatologue (comme moi) m’a confessé un jour avoir euthanasié une nouveau-né « mal-né » c’est à dire neurologiquement dégradé à l’issue de la réanimation néonatale. Elle était célibataire et a voulu se faire un enfant seul (après 68). Elle est tombée sur un géniteur de hasard qui l’a quittée en cours de grossesse. Jusqu’ici tu va bien, tu vas voir. L’enfant né tombe malade après quelques jours et fait une méningite néonatale gravissime, c’est à dire avec de très lourdes séquelle. L’enfant se développe mal et on s’aperçoit après qulques mois qu’il restera très lourdement attardée. Elle ne pourra s’occuper à plein temps et devra le placer dans un institut spécialisé vers 8 ou 9 mois. Cet enfant très attardé à beaucoup de chances d’être mort à l’heure actuelle. Mais je ne connais pas la fin de l’histoire. Je suis parti hors de France entretemps. Cette histoire est le comble du malheur pour une néonatologue – capable de bout en bout de saisir et de vivre le calvaire de cette naissance malheureuse. Je me suis toujours demandé pourquoi elle n’a pas euthanasié son enfant. En as-tu une idée ?

  13. L'ASnico permalink
    31 janvier 2011 3:09

    Vois tu une différence de dire pour toi-même : « Je souhaite qu’on m’achève
    si je suis réduit à l’état de légume » (ce que tu dis au début)
    et de « le faire pour un ami » (ce que tu viens de dire). S’il y a pour toi une différence, quelle est-elle ?

    Pour moi, je sais pas trop… biensur les deux situation sont differente, dans un cas je dois tué, dans l’autre je demande d’être tué, mais je sais pas trop quoi vous répondre.
    Mais sinon j’imagine que ça doit être souvent plus dure pour celui qui doit tué, que pour celui qui n’attend que ça qu’on le libère.

    En fait, en relisant votre histoire avec votre mère plus haut, j’imaginais la personne qui est la plus cher à mes yeux, je sais pas trop comment on euthanasie, mais j’imaginais
    entrer la nuit dans ça chambre d’hopitale pour la débrancher, est c’est vrais que c’est pas comme achever monsieur tout le monde…on voit les choses trés differement,
    en fait selon la personne qu’on n’a à achever la situation peut être trés differente…

    Pour l’histoire de votre amie pédiatre «  »Je me suis toujours demandé pourquoi elle n’a pas euthanasié son enfant. En as-tu une idée ? » »
    Vraiment, vous n’en n’avez aucune idée ? Et bien ça peut être simplement par ce que cette enfant c’était le sien …mais je ne peux rien affirmer… en tout cas ça rejoindrai
    un peu ce que je disais plus haut.
    Essaiyez vous de me faire comprendre qu’un medecin -si l’euthanasie est légalisé- pourrait tué facilement monsieur tout le monde alors qu’il ne le ferait pas pour ce qu’il à
    de plus cher ?

    en tout cas drole d’histoire celle de votre amie medecin (façon de parler), quelle hironie du sort …

    Je n’avais pas encore discuté de ce sujet (l’euthanasie) alors en discutant de celui-ci au fur et à mesure je vois un peu la chose differement,
    Ce qui me pose toujours problème, c’est l’idée d’une personne qui serait condamné pour avoir euthanasié un proche qui le lui demandait , ça ne les regarde que eux.

    • 1 février 2011 9:15

      Nous sommes donc deux, pour ce qui est de ne jamais avoir discuté de l’euthanasie jusqu’à ces dernières semaines…

      Pour en revenir à la question de la condamnation de la personne qui le lui aurait demandé… Comment pouvez-vous êtes certain que la personne qui a été tuée avait réellement fait une telle demande ? Quel sens donnez-vous au mot « société » dès lors que vous lui ôtez le droit de s’inquiéter de la mise à mort de l’un de ses membres par un autre ?

  14. Roque permalink
    31 janvier 2011 4:21

    ASnico : en te lisant, j’ai cru comprendre que tu te situes surtout par rapport à toi-même : « Je souhaite qu’on m’achève si je suis réduit à l’état de légume ». C’est une position simple que je peux tout à fait comprendre, si tu souffres trop ou si tu te sens très dégradé, très humilié : « pas décent » devant ceux qui t’ont connu et aimé (c’était je crois ce souci de rester « présentable » qui était essentiel pour ma mère) tu te supprimes. C’est toi qui décides et c’est toi qui en subis la « conséquence », je dirais même la « sanction », car on est ici – je pense – qu’on le veuille ou non dans le domaine de la « culpabilité ». Comme si être grabataire, puis agonisant était pas décent, moche et répugnant.

    Nous chrétiens – avec nos pères juifs – croyons que Dieu réside en chaque homme. Dieu a mis sont Souffle – au sens propre (!) – en nous créant homme : « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie, et l’homme devint un être vivant ». (Gn 2.7» Les musulmans pensent à peu près la même chose dans des termes un peu différents, ceux du Coran. Enfin, il me semble que la valeur sacrée et la dignité de la personne humaine en fondée dans la Bible. Tout cela, tu le connais déjà et je le mentionne seulement pour expliquer dans quel contexte les croyants souffrent et meurent. Précisément pour les chrétiens, il y a le fait que l’agonie et la mort ne sont que ce « fameux passage » vers la Vie et il y a l’exemple de Notre Maître à qui rien n’a été épargné. Dans ce passage, il n’y a qu’une seule chose à faire : tenter de s’accrocher à ce Seigneur Jésus qui nous à précédé. Certains croyants vivent effectivement cela, comme me l’a confirmé récemment un pasteur luthérien – aumônier à l’hôpital Saint Louis à Paris.
    Evidemment, si la valeur et la dignité humaine n’ont pas cette fondation sacrée (ce qui est ton cas, je suppose) la position de l’homme qui s’engage dans ce « passage » est différente. Mais à quoi peut-il se raccrocher ?

    Je pense que l’observation des faits donne une idée de la façon dont les gens procèdent. C’est d’abord vrai qu’il est – a priori – plus difficile de donner la mort à autrui que de se la donner à soi-même. Et paradoxalement cette difficulté est liée au fait que l’autre est plus ou moins perçu comme un « autre » soi-même. Ca devrait être facile … et pourtant. Peut-être que cela tient à l’idée que celui tué est « libéré », alors que celui qui tue devra vivre avec le souvenir de son acte. Dans le cas de la pédiatre néonatologue, je vois plusieurs faits qui ont pu jouer sur son choix de ne pas tuer son enfant. D’abord les circonstances étaient différentes : lorsqu’elle a euthanasié le nouveau-né elle était revêtue de sa fonction de médecin (blouse blanche) et c’était dans un hôpital, alors que pour son enfant elle été revêtue de son rôle de mère et de chef de famille et aurait du faire cela chez elle. Ensuite il y a eu la durée de la douloureuse période des questions qui ne se sont transformées en certitude qu’après plusieurs mois (forte implication affective), alors que pour un nouveau-né « cassé » (excuse le terme), il y a un protocole bien défini qui permet après 45 mn à 1 heure d’avoir une assez bonne appréciation de la situation (faible implication affective). Enfin, il y a eu peut être l’effet du premier souvenir d’euthanasie sur le second : l’envie de ne plus prendre seule cette « charge » ( ?).

    Mes exemples sont destinés à insister sur le fait qu’on peut se raccrocher à une sorte « d’intuition profonde » à coté des représentations intellectuelles plus claires (« logiques »). Cela est particulièrement important dans ce domaine de la vie et de la mort pour les gens qui n’ont pas de référence précise concernant la valeur et la dignité humaine. Les règles pourraient être : 1. On ne devrait pas de forcer à faire ce qui nous répugne et 2. Si quelque chose ne te plaît pas, te rend malheureux, tu ne le répètes pas, tu l’abandonnes. Entre parenthèse, ce même principe est développé dans la vie spirituelle (Saint Ignace).
    Non, je n’essaie pas de dire que – si l’euthanasie est légalisée – les médecins « pourront tuer facilement monsieur tout le monde » alors qu’ils ne le feraient pas pour les leurs. D’abord parce que le geste de tuer restera toujours difficile, pénible par sa répétition et parce qu’on ne demandera à personne de tuer les siens (sauf dans les sectes !).

    Pour être complet, la position de certains croyants est encore un peu différente de ce que j’ai indiqué plus haut : outre cette intuition profonde, il y a – pour certains – des expériences spirituelles marquantes qui renforcent ce que dit la Bible. Pour ma part, à une période particulièrement douloureuse de ma vie, j’ai fait un choix assez « fou ». Dans les jours qui ont suivi ce choix, j’ai fait au cours du zazen (méditation bouddhiste) une expérience qui a – avec le recul – des traits communs avec la Transfiguration de Jésus dans les Evangiles à une différence près : Jésus parlait de Lui-même et non Son Père comme dans l’Evangile. Je ne détaille pas car je considère cela comme un bien personnel précieux – ne regarde que moi. Ce genre d’expérience m’a confirmé que mon choix était le bon et qu’il fallait même aller plus loin. Elle m’a procure un attachement fort au Christ dans les passages pénibles – et de fait cette Transfiguration peut être considérée comme un avant-goût de la gloire du ciel, un encouragement donné aux Apôtres avec le difficile passage de la Passion et de la Résurrection de notre Seigneur et Maître.

    L’idée d’une personne qui serait condamné pour avoir euthanasié un proche qui le lui demandait te parait injuste car « ça ne regarde que eux » provient que tu considères le choix de chacun comme légitime. Mais réfléchis un peu, si chacun peut faire des choix légitime parce que « c’est son choix », est-il encore possible de fixer une loi commune à l’ensemble de la nation ? Non : l’idée de loi perd complètement son sens. Le point faible de cet argumentation est qu’il met le choix individuel au dessus de tout. Une belle anarchie en perspective avec des « abus » en chaîne tous considérés comme légitimes. Perspective, une peu terrifiante, de mon point de vue.

    Pour finir, je perçois très bien ce qui dans exposé peu paraître subjectif et (donc) fragile. Ce que je conseille n’est ni plus ni moins que « d’écouter son cœur ». Mais j’assume. Je pense que la froide rationalité appliquée à ce problème ne peut aboutir qu’à une vision et une pratique inhumaine de la mort. La pure rationalité – appliquée à ce domaine – ne peut que nourrir la logique a mené du massacre de Babi Yar aux chambres à gaz.

    Une autre histoire vraie d’euthanasie un peu plus tard (à suivre).

    • 1 février 2011 9:19

      En attendant la suite, merci pour ta participation à la discussion de ce sujet complexe, mon ami.

  15. L'ASnico permalink
    31 janvier 2011 11:54

    @roque » »L’idée d’une personne qui serait condamné pour avoir euthanasié un proche qui le lui demandait te parait injuste car « ça ne regarde que eux » provient que tu considères le choix de chacun comme légitime. Mais réfléchis un peu, si chacun peut faire des choix légitime parce que « c’est son choix », est-il encore possible de fixer une loi commune à l’ensemble de la nation ? » »

    N’éxagéront rien, (si Monsieur-X à envie de tué les Chinois de Paris car il considère que c’est légitime….)
    Je ne parle pas de choix qui nuisent à la population , dans le cas ou l’euthanasie ne regarde que deux pesonnes consantante, ça ne change rien à la vie des autres .
    Par exemple si on fixe une loi pour la nation sur les drogues, on les interdits, (comme c’est le cas dans notre pays) les drogués ne sont pas condamné (ce qu’ils font ne nuit pas à la population et ne regarde que eux) mais les dealers eux sont traqué et condamné .

    Mais il est vrais que dans le cas ou une lois autorisant l’euthanasie engendre dans notre société une culture de mort.. je commence aprés deux jours de reflexion sur le sujet à penser que l’interdire serait peut-être plus saint surtout dans notre société décadante materialiste etc etc … (au dépard pour moi je ne pensais que aux cas extrèmes, mais j’ai bien compris le problème des abus et de l’euthanasie à tout va , que Ren’ s’acharnait à m’expliquer )

    Quand à la souffrance à endurer, en ce qui me concerne je veux bien quand il y à un but derriere, une missions, bref quelque chose,, mais rester cloué à un lit dans la souffrance physique ou mentale, pour moi c’est inutile, s’il n’y a pas de but derriere, une missions qui sert à quelque chose etc…
    Donc le Christ pour moi ne peut pas être un exemple dans ces cas là, car ce qu’il a fait et enduré c’était pour accomplire quelque chose, une mission ..je trouve ça beaucoup plus facile, pareil pour la guerre … alors que rester cloué à un lit en attendant la mort sans but ou sans missions utile qui servent à quelque chose …

    Mais si quelqun trouve une raison de rester cloué aux lit limite légume, ou légume, en attendant la mort, et bien c’est bien pour lui, même si il coute de l’argent aux hopitaux, le problème serait surtout une société qui achève le malade sans demander l’avis à lui ou sa famille…

  16. L'ASnico permalink
    1 février 2011 12:18

    «  »Evidemment, si la valeur et la dignité humaine n’ont pas cette fondation sacrée (ce qui est ton cas, je suppose) la position de l’homme qui s’engage dans ce « passage » est différente. Mais à quoi peut-il se raccrocher ? «  »

    Dans le cas du légume, il veut retourner au néant ou peut-être à la vie aprés la mort du moment qu’il sort de son état de légume… Un croyant ne peut-il pas penser comme moi en ce qui concerne l’état de légume ?
    moi je suis croyant(bible) mais compliqué, ma ferveur a trés diminué avec le temps..
    bref , mais même si je crois qu’il y a plutot quelque chose aprés la mort, ça ne m’enpêche pas de vouloir être achevé si je deviens un légume .
    mais qui sait, pour une raison ou une autre peut-être que je changerais soudainement d’avis une fois devenu légume… et un ami viendra m’achévé pour faire mon ancienne volonté , lol .

  17. Roque permalink
    1 février 2011 9:38

    ASnico, voila mon autre histoire vraie d’euthanasie. Aussi curieux que cela puisse paraître, je suis né et j’ai vécu en famille dans un hôpital. Jusqu’à l’âge de 14 ou 15 ans je crois. Notre chambre d’enfant était voisine d’une chambre au fond du couloir où habitant un vieil homme. Un taciturne vivant en vase clos entre la prière et l’apprentissage du russe à la radio. Un rude paysan qui mangeait son saucisson avec le couteau sur un quignon de pain. Vers 6 ou 7 ans on nous a fait sortir de notre chambre alors qu’il y avait beaucoup d’allers et de venues inhabituels autour de sa chambre. Quand nous sommes revenus (un ou deux jours ?), nous avons appris qu’il était mort (84 ou 85 ans) et je me souviens voir pensé que c’était une « bonne nouvelle » car nous allions peut être emménager dans sa chambre plus grande que le nôtre.

    Son fils qui avait à l’époque 40 ans, m’a dit probablement 20 ou 25 ans plus tard qu’il avait aidé son père à mourir avec de la morphine à la phase agonique d’un coma urémique (insuffisance rénale). Je rapproche maintenant cette mort de plusieurs autres faits. D’une part je me suis toujours souvenu que ce fils est resté pendant plusieurs jours occupé à la cave dans le local de la chaudière et qu’il y avait une épaisse fumée âcre dans tout notre étage situé au sous-sol. Ce fils était occupé à faire disparaître la totalité des papiers et dossiers de ce vieil homme. Pendant 2 jours, le fils a tellement bourré la chaudière qu’il a failli mettre le feu au bâtiment. Ce feu était destiné à faire disparaître toutes les preuves de lien entre ce mort non divorcé et sa famille légale (une femme et deux enfants) et à préserver les « droits » de sa famille de fait (une femme et six enfants) avec laquelle il avait passé l’essentiel de sa vie. Le fils issu d’une union de fait à pu penser qu’il était légitime de préserver ainsi les « droits » de se mère et de ses frères et sœurs.

    Avec encore plus de recul, je me suis fait un avis sur ce fils, médecin gynéco-obstétricien. C’était un menteur né, un dépravé ayant goûté à toutes les formes de plaisir dans le sillage de la boîte de nuit crée à l’époque par Régine. Il a claqué un fric fou en fréquentant la jet set et peut-être au jeu. Et sur le fond c’était un pervers au sens où il adorait jouer sur la culpabilité des autres (une sorte de 6ème sens) et adorait mettre les gens dans des situations pénibles et douloureuses en leur susurrant que « tout allait bien », que c’était « normal », voire « bon et profitable » pour ceux qu’il manipulait ainsi.

    On se trouve donc devant un homme – sortant de la condition moyenne de tous points de vue – sa payant le plaisir de tuer son père au sens propre de ses propres mains pour la bonne cause et s’en tirant avec la reconnaissance des siens.

    Y a-t-il eu une bavure ? Personne ne sait et à 50 ans de distance on s’en fiche. Seule remarque pour terminer l’euthanasie ma semble actuellement entièrement aux mains des médecins ou autres soignants – qu’elle soit légale ou non. L’industrie de la mort changer légèrement cette situation, car il va y avoir l’apparition de sociétés et d’officines « spécialisées », employant certes des médecins, mais d’abord à but lucratif.

    Je ne conclus pas parce qu’il est évident – à partir de tous ces exemples – qu’on se trouve assez rapidement dans un des problèmes complexes et très troubles. Il me semble que vouloir l’ignorer relève de l’inexpérience ou de la bêtise – sans même parler du sectarisme.

  18. L'ASnico permalink
    1 février 2011 11:59

    Histoire cruel roque,
    un de mes proches connait une enfant gaté qui dit ouvertement à ses vieux «  »quand est-ce que vous allez crever, que la maison/l’éritage soit à moi » » ,et ce qui m’étonne le plus dans cette histoire c’est l’inéxistance de réactions des parents (par ce que la réaction adéquate à ceci ne pouvant qu’être trés radicale surment) Je parle de ça par ce que si elle a l’occasion de les euthanasier un de ces 4 , mon petit doigt me dis quelle ne va pas se géner…

    Sinon, ren’, même si la comparaison avec l’euthanasie n’est pas parfaite on pourrait aussi me répondre puisque je fais une comparaison avec « la vente de drogue » que justement le drogué est consentant et demande sa drogue aux dealers (comme le malade consentant demande qu’on le tue), et pourtant il est tout à fait normale de traquer les dealers dans une société. Pour pas que les drogues-dur répende la mort dans notre socété on l’interdit, et « la rendre légale par ce que les gens font ce qu’il veulent de leurs corp » la plus part des gens seront daccord pour dire que c’est un argument à la c** …

    même si pour moi je ferais comme bon me semble, quoi que la loi dise, je comprend qu’il serait donc plus responsable d’interdire l’euthanasie pour le bien générale de la société, si l’euthanasie se fera toujours ici et là dans l’illegalité, la légalisé serait ouvrire la porte à des abus de toute sorte, pire encore que crier et précher que c’est le « Bien » cela ne pouvant que conduire à une véritable culture de mort .
    mon parfait, brillant, et merveilleux raisonnement du dépard ( ; n’a pas sa
    place dans un monde cruel .

    • 2 février 2011 1:50

      Vous ferez difficilement « comme bon vous semble » puisque la question de l’euthanasie est liée à celle de la grande dépendance… Une dépendance où votre volonté n’aura plus cette liberté qui est vôtre aujourd’hui (je ne parle pas seulement de la liberté d’agir, je parle également de la liberté de simplement « vouloir »). Ou alors, tenteriez-vous d’aller en Suisse pour un « suicide assisté », alimentant ainsi l’industrie naisssante du « tourisme de la mort » ?

  19. L'ASnico permalink
    2 février 2011 12:04

    ( Ma derniere phrase passerait mieux si les smiley marchait …)

    • 2 février 2011 1:18

      Désolé, un forum ouvrira un jour, mais le manque de disponibilité de la plupart des membres de « Dialogue-Abraham » fait que ce projet est actuellement en sommeil

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